Lettre d'Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
6 janvier 1812, Paris

Je suis vraiment une bien grande étourdie. J'ai envoyé l'écritoire à ma soeur sans lui donner le chiffre, et je te vois d'ici chercher, et enfin finir par casser tout : c'est 1809. Que dis-tu de mon petit écran ? Tu auras reconnu tes visites du matin et nos bavardages.
Tu es si aimable pour mes petits enfants. Malheureusement je leur ai donné une montre pour leurs étrennes, mais je chercherai quelque chose ici dont tu pourrais leur faire cadeau et je te le dirai.
J'ai causé hier avec l'Empereur : il ne paraît pas trouver d'inconvénient au sujet de l'Impératrice à Malmaison, mais il m'a dit qu'il ne serait bien pour elle que quand il serait sûr qu'elle n'aurait plus de dettes. On travaille à les payer à force ; je lui ai parlé de Bruxelles, et je lui ai dit qu'elle ferait ce qu'il désirerait, mais qu'il n'y avait que lui qui pourrait le lui dire et que, pour lui être utile, elle ferait tout.
J'ai annoncé, comme tu me l'avais écrit, la grossesse de ta femme, il y a déjà longtemps, mais je suis un peu paresseuse pour t'écrire, et tu sais que cela tient un peu à ma santé. Je ne t'en aime pas moins, et tu n'en doutes pas. Adieu, j'embrasse ta petite famille. J'écrirai à ma soeur pour la remercier d'un joli petit collier qu'elle m'a envoyé.

Hortense

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